La prochaine fois que tu arrives à un événement networking, teste un truc avant d’ouvrir la bouche : prends 5 minutes pour observer et écouter. Parce qu’en 5 minutes, la personne en face de toi te donne son mode d’emploi complet. Comment l’aborder, quoi lui dire, sur quoi appuyer. Et elle te le tend sans même s’en rendre compte.
Le souci, c’est que la plupart des gens ne regardent pas. Ils sont trop occupés à répéter leur petit pitch dans leur tête. Du coup ils déroulent le même discours pour tout le monde — et ça tombe à plat une fois sur deux.
Imagine. Tu parles à quelqu’un de très cash, qui veut du concret et des résultats. Puis, dix minutes plus tard, à quelqu’un de réservé qui a besoin de te faire confiance avant d’écouter quoi que ce soit. Si tu leur sers exactement le même discours, avec la même énergie et les mêmes mots, l’un des deux va décrocher.
Ce n’est pas une question d’offre. C’est une question de langue. Tu parles la mauvaise langue à la bonne personne. Et la vente relationnelle, justement, ce n’est pas convaincre à tout prix — c’est s’ajuster. Pour t’ajuster, encore faut-il savoir à qui tu as affaire.
Pour lire quelqu’un vite, je m’appuie sur un repère tout simple : les 4 couleurs. Deux questions suffisent à te situer.
La première : la personne est-elle plutôt tournée vers l’action, les tâches et les objectifs, ou plutôt vers la relation, les gens et l’humain ? La seconde : est-elle plutôt en extraversion — elle va spontanément vers les autres — ou en introversion — elle observe et écoute avant de se lancer ?
Croise les deux et tu obtiens quatre grands profils. Le rouge (action + extraversion), le jaune (relation + extraversion), le vert (relation + introversion) et le bleu (action + introversion). Rien à mémoriser par cœur : ce qui compte, c’est de savoir repérer ces signaux en pleine conversation.
C’est le plus rapide à voir. Regarde simplement qui lance la conversation.
La personne qui vient te parler, qui occupe l’espace, qui enchaîne facilement, a de grandes chances d’être dans le rouge ou le jaune. L’extraversion se repère en quelques secondes. À l’inverse, celle qui reste un peu en retrait, qui écoute et observe avant de s’exprimer, est plutôt sur du vert ou du bleu.
Ça ne te donne pas encore la couleur exacte. Mais en moins d’une minute, tu as déjà coupé le tableau en deux.
Pour affiner, pose une seule question. L’idée est de l’orienter soit vers la relation, soit vers les tâches, puis d’observer comment la personne réagit. Une question toute simple sur ce qu’elle fait, sur sa semaine, sur ce qui l’amène ici suffit.
Et là, tu écoutes vraiment. Pas la politesse de surface — le fond. Est-ce qu’elle te parle de son business, de ses résultats, de chiffres et de faits ? Profil orienté tâche : rouge ou bleu. Ou est-ce qu’elle te parle de sa dernière sortie au théâtre avec son fils, de ses rencontres, de son week-end ? Profil orienté relation : jaune ou vert.
Ça se loge dans les mots qu’elle choisit et dans ce dont elle parle spontanément. Et ça, personne ne peut le masquer bien longtemps.
Tu as observé, tu as posé ta question, tu sais à peu près où elle se situe. Maintenant tu adaptes. Pas ton offre — ta façon d’en parler.
Face à un rouge, tu vas droit au but et tu parles résultat. Face à un jaune, tu mets de l’énergie et du lien, tu rends l’échange vivant. Face à un vert, tu ralentis, tu rassures, tu construis la confiance avant de proposer quoi que ce soit. Face à un bleu, tu apportes des faits, des preuves, du précis, et tu laisses tomber le blabla.
Même personne, même offre — mais la bonne langue. C’est ce petit ajustement qui change tout.
Tu observes et tu écoutes 5 à 10 minutes : qui va vers les autres, qui reste en retrait, et de quoi parle vraiment la personne. Et seulement après, tu engages la conversation pour de bon. Parce que là, tu sais à qui tu as affaire.
C’est tout bête. Mais ça transforme la qualité de tes échanges, et surtout le nombre de gens qui ont vraiment envie de continuer à te parler après.
Reste un piège : sur le moment, sous le coup de l’émotion, on oublie les bonnes questions et on retombe dans le pitch automatique. C’est exactement pour ça que j’ai créé mon Carnet de Script : les questions et les formulations qui marchent, profil par profil. Tu n’improvises plus, tu pioches dedans.